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Une manifestation organisée par le groupe "Femmes et Filles de Harkis", avec le soutien d'associations militant pour les harkis et le soutien de la Ligue des droits de l'homme, du MRAP et de la LICRA
La marche des harkis du 10 janvier 2004

manif janv 2004

Vous trouverez ci-dessous une photo souvenir, le texte lu lors de la marche et la déclaration de la Ligue des droits de l'Homme :

DISCOURS DU 10 JANVIER 2004, lu par Khadra Safrioune, Présidente de l'association des Harkis et de leurs enfants de Bourgogne et de l'Aube :

"Aujourd'hui 10 janvier 2004, marque une étape importante sur la voie que nous avons choisie pour atteindre les objectifs que la communauté des Harkis et des Rapatriés s'est fixée.

Nous vous remercions toutes et tous qui nous rejoignez aujourd'hui dans cette marche, nécessaire pour la mémoire de nos parents et grands-parents. Nos premières pensées vont vers tous nos morts de l'époque, des morts sans nom, des morts sans tombes, des morts vite oubliés.

Cependant notre devoir de mémoire, dicté par nos premières pensées, doit être fidèle et intangible. Grâce au soutien de la majorité des français, les Harkis pourront enfin obtenir ce droit légitime et inaliénable à la dignité, à la reconnaissance et à la justice. Les étapes qui se sont succédées depuis l'ouverture du dossier des Harkis et des Rapatriés ont été longues et nous ont demandés beaucoup de patience, 41 ans, et nous en avons eu.

Les harkis et leurs enfants ne veulent ni de pitié, ni de charité, simplement leurs droits. Il est vital de considérer les attentes et les espoirs de plus d'un million de Harkis, citoyens français. A l'automne de leur vie, rendons à nos Harkis ce qui leur revient de droit : la reconnaissance de la France qui s'acquitterait ainsi de sa dette.

manif janv 2004

Une double justice doit être rendue aux Harkis :

- Reconnaître l'abandon dramatique dont ils ont été victimes,

- Et la discrimination dont ils sont encore aujourd'hui l'objet.

Nous pensons à l'avenir : c'est une ère nouvelle qui doit s'ouvrir pour les enfants et les petits enfants, à qui ont été transmis les sentiments de leurs aînés et les valeurs de la République : Liberté, Egalité, Fraternité. Ils sont aussi désireux de voir cette reconnaissance se manifester afin d'éviter que les sentiments de trahison et d'abandon ne viennent s'installer dans leurs esprits.

Lors d'un discours prononcé par un sénateur, j'ai retenu cette réflexion très juste : une société civilisée ne laisse pas ses blessés sur la route. Elle les soigne, elle les relève, elle les aime. Nous sommes conscient de la nécessité d'apporter à la société française notre part de richesse culturelle, grâce à notre histoire et à l'héritage que nous ont transmis nos aînés.

Nous adressons nos sincères remerciements aux représentants et aux membres des associations des droits de l'Homme, des associations de rapatriés, des associations de Harkis, à tous nos amis ainsi qu'à toutes les personnes de bonnes volontés qui se sont associés à cette marche. Sans t'oublier toi, Fatima, pour l'engagement total que t'a demandé un travail lourd, et des sacrifices sur ton temps consacré à notre cause. Merci de votre attention".

La Ligue des Droits de l'Homme a apporté son soutien à la marche : lire le communiqué ci-dessous  :

La LDH soutient la marche pacifique “ femmes et filles de harkis” 

La Ligue des droits de l’Homme soutient l’initiative du groupe « femmes et filles de harkis » qui appelle, le samedi 10 janvier 2004 à Paris, à une marche qui partira à 13h30 de la place Vauban (derrière les Invalides).

Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à discuter d’un projet de loi, les épouses et les filles d’ex-supplétifs de l’armée française entendent rappeler, par cette manifestation, “ le traitement indigne des harkis depuis 41 ans ”. Elles exigent que “ la République reconnaisse officiellement sa responsabilité dans l’abandon dramatique de ses ressortissants en 1962 ”.

En 1962, la République a commis, en Algérie, un crime d’État. En laissant les supplétifs algériens qu’il avait employés, le gouvernement français les a sciemment exposés aux massacres qui ont été commis. Nul n’ignorait que la violence de la guerre d’Algérie ne pouvait qu’engendrer de tels comportements : cette chronique annoncée d’un massacre met en évidence la responsabilité conjointe de ceux qui l’ont perpétré mais aussi de ceux qui l’ont autorisé.

Il ne suffit pas que la République ait instauré une journée dédiée à la reconnaissance des harkis (il a fallu attendre 1974 pour que leur qualité d’anciens combattants soit reconnue), il faut, comme à l’égard des crimes commis par une partie de l’armée française, que la République reconnaisse sa responsabilité publiquement. Et celle-ci est d’autant plus lourde qu’après le massacre est venu, pour les survivants, le temps de la discrimination institutionnelle.

Peut-on imaginer que, pendant des années, ceux qui avaient échoué en France ont été parqués, cachés, discriminés ? Qu’est-ce qui peut justifier ces baraquements sordides, ces écoles au rabais et cet exil intérieur auquel on a contraint des citoyens français ?

Près de 40 ans après la guerre d’Algérie, plusieurs dizaines de milliers de personnes portent encore les stigmates d’un traitement honteux qui, appliqué à d’autres, n’aurait pas été revêtu de la chape de plomb qui l’a entouré.Une double justice doit être rendue aux harkis : reconnaître le crime d’État dont ils ont été victimes, et la discrimination dont ils sont encore aujourd’hui l’objet. Et cela relève de la responsabilité du président de la République et du gouvernement.

C’est pour rappeler cette double exigence que la LDH appelle à soutenir la marche pacifique du samedi 10 janvier 2004.

Paris, le 6 janvier 2004 

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