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COMMUNIQUE DE PRESSE - lundi 28 février 2005
L'Association Harkis et droits de l'Homme dénonce la loi du 23 février 2005

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 Communiqué de presse de l'Association Harkis et Droits de l'Homme : 

Le 23 février 2005 est promulguée la loi n° 2005-158 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés.

Après les camps, derrière les barbelés, les harkis et leurs familles viennent d'être enfermés dans une loi abjecte votée par des nostalgiques de l'Algérie Française.

Le texte figurant au journal officiel du 24 février 2005 s'ouvre par l'article : « La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'oeuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. » Les parlementaires associent les harkis, à leur corps défendant, à la promotion du colonialisme.

Le texte se termine par l'article 13 : « Peuvent demander le bénéfice d'une indemnisation forfaitaire les personnes de nationalité française à la date de la publication de la présente loi ayant fait l'objet, en relation directe avec les événements d'Algérie pendant la période du 31 octobre 1954 au 3 juillet 1962, de condamnations ou de sanctions amnistiées, de mesures administratives d'expulsion, d'internement ou d'assignation à résidence, ayant de ce fait dû cesser leur activité professionnelle et ne figurant pas parmi les bénéficiaires mentionnés à l'article 1er de la loi n° 82-1021 du 3 décembre 1982 relative au règlement de certaines situations résultant des événements d'Afrique du Nord, de la guerre d'Indochine ou de la Seconde Guerre mondiale. »

Derrière ces personnes se cachent les anciens membres de l'« O.A.S. » Pourquoi ne pas appeler un chat, un chat ? Nos élus ont-ils peur de l'indécence ? Ils ont été moins scrupuleux en scellant le destin de leurs français-indigènes aux détracteurs de l'indépendance de l'Algérie.

Concernant l¹article 6 relatif à l'indemnisation des harkis, la loi a un goût de charité et non de justice. Le rapport demandé par le premier ministre au député Michel Diefenbacher (UMP, Lot-et-Garonne) et sur lequel s'est basé le gouvernement pour la rédaction de la loi ne s'intitulait-il pas "Parachever l'effort de solidarité envers les rapatriés" ? Pourquoi donner plus à ces femmes, ces enfants et ces hommes que l'on a abandonnés à l'indépendance de l'Algérie, enfermés dans des camps puis bercés d'illusions depuis plus de 4 décennies à coups de compassion, médailles ou autres cérémonies ? Le mépris au pays des droits de l'Homme va-t-il être érigé en Art ? ou bien nos parlementaires pensent-ils toujours comme le Professeur Porot qui justifia l'infériorité des colonisés, en 1918, dans un ouvrage intitulé « Annales médico-psychologiques » : « la vie essentiellement végétative et instinctive qui est surtout réglée par son diencéphale » ? Il parlait bien sûr des indigènes !

 L'Association Harkis et Droits de l'Homme se bat et se battra aussi longtemps que nécessaire pour que la Nation française reconnaisse officiellement sa responsabilité dans le drame des harkis. Un drame qu'il serait injuste et dangereux de sortir de son contexte général de la colonisation. Aujourd'hui, une ultime loi vient d'être promulguée. Nous pensions que la France avait une occasion historique de réparer ce qui peut l'être encore et que face à la question des harkis, elle allait faire preuve enfin de décence.

Fatima BESNACI-LANCOU,  Présidente de l'Association Harkis et Droits de l¹Homme




 
            
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