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Ci-dessous l’article paru dan l’édition du quotidien Var–matin du 18 mars 2010. La photographie de Mohamed Benane (vers la fin de l’article) a été ajoutée.
Harkis : le livre d'une mémoire commune
Photo : J.-F. M. Djamel Guedouar, co-auteur du livre, Thierry Martines directeur général de l'hôtel Le couvent royal où aura lieu la réception, Mohamed Sebbani et Guéroui Belkacem, collaborateurs de l'ouvrage "Des vies".
Samedi 27 sera présenté le livre collectif « Des vies - 62 enfants de harkis racontent ». Rendez-vous est donné à l'office de tourisme de Saint-Maximin, situé à l'entrée du Couvent royal.
Le lieu n'est pas anodin. Le Couvent royal hébergea trente familles de harkis en 1963, pendant l'édification du hameau de forestage sous l'égide de l'Office national des forêts (ONF).
Les harkis et leurs familles occupent une place singulière dans l'Histoire et la mémoire. Les enfants de ces supplétifs de l'armée française (1954-1952) ont fait preuve d'une très grande capacité à se construire ou se reconstruire. Vingt-six femmes et trente-six hommes, d'horizons et de professions variés, ont témoigné dans ce livre.
Amour, respect, espoir
Soixante-deux personnes rappellent "leur" année 1962. Leur immédiate période post-guerre d'Algérie. Leurs récits et leurs photographies sont les traces vivantes d'une période parfois dramatique. À leurs parents, souvent restés silencieux, ils disent leur amour et leur respect. Rejoignant l'expérience de ceux qui ont été confrontés à l'exil, leurs mots incarnent une formidable espérance.
Ce livre a été construit sous la direction de Fatima Besnaci-Lancou, présidente de l'association Harkis et droits de l'Homme et auteure de plusieurs ouvrages dont "Fille de harkis". L'ouvrage recueille aussi la participation d'historiens : Jean-Jacques Jordi, Gilles Manceron, Abderahmen Moumen, Yann Scioldo-Zurcher, et une préface de Boris Cyrulnik, célèbre neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste.
Dix co-auteurs de ce livre seront présents et le dédicaceront. Il sera également remis aux douze maires ou leurs représentants, des communes qui reçurent les familles de harkis dans les hameaux de forestage.
Disséminés dans le Var
Les familles de harkis ont été accueillies dès 1963 dans des hameaux de forestage. Principalement à Rians, Montmeyan, Pignans, Gonfaron, Le Muy, Saint-Paul-en-Forêt, Saint-Raphaël, Collobrières, Bormes-les-Mimosas, La Londe-les-Maures, Néoules et Saint-Maximin. La plupart des harkis travaillaient pour l'ONF.
À Tavernes
Parmi les neuf Varois s'exprimant dans ce recueil, un Tavernais se remémore ses lointains souvenirs.Mohamed Benane est né en 1956 à Meurede, près de Blida. Aujourd'hui, avec sa compagne Viviane, il exploite un commerce au coeur du village. Sandy et David sont nés de cette union. Mohamed raconte : « En 1962, nous avons séjourné au camp de Rivesaltes. Puis c'est au hameau forestier de Montmeyan que nous avons été accueillis, ou une belle fraternité régnait entre les occupants... » Mohamed est l'aîné d'une fratrie de neuf enfants. À la retraite du père, la famille est venue s'installer à Tavernes...
Présentation et dédicaces samedi à l'OT de Saint-Maximin.
N. S.
Informations complémentaires :
- article également disponible sur le site de Var-Matin : lire en ligne
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